18 septembre 2015 Par Benjamin Girard le Reflet  Témiscamien

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Il y a quelques années à peine, l’idée d’octroyer des ressources afin de venir en aide aux hommes en détresse était perçue comme saugrenue et futile. À l’heure actuelle, la littérature scientifique démontre qu’il peut être bénéfique à tout un chacun d’intervenir de manière spécifique auprès des hommes. Le Groupe IMAGE, créé en 1992, est l’un des fiers porte-étendards de ce changement de mentalité. Dans le but de se faire connaître davantage, l’organisme ouvrait ses portes au public le 16 septembre dernier.

Les hommes, traditionnellement, sont moins enclins à chercher du soutien et de l’aide. « Présentement, on sait que les hommes ont de la difficulté à demander de l’aide. C’est pire lorsqu’il est question d’agression. Quand ils viennent et osent en parler, on sait qu’un énorme cheminement a été fait », explique Tommy Cousineau, directeur général de l’organisme.

L’objectif de l’organisme est donc de permettre à ces hommes aux prises avec des difficultés de réintégrer leur milieu, avec de la liberté et de l’autonomie. Les problématiques que vivent les hommes passent de la perte d’emploi à la rupture amoureuse. Toutefois, il peut parfois s’agir de situations en apparences bénignes, mais qui minent néanmoins la qualité de vie. « On t’accueille peu importe ce que tu vis. Tu peux avoir des difficultés à compléter une demande de chômage ou des idées suicidaires. Certains sont incapables de demander le moindre coup de main. On est un petit milieu, l’objectif est d’ouvrir les portes à tout le monde », précise-t-il. Au Québec, monsieur Cousineau mentionne que certains événements ont involontairement ouvert les yeux de la population quant à l’urgence d’intervenir auprès des hommes. Le cas Guy Turcotte est un exemple probant. « Si nous travaillons en amont, on peut peut-être éviter des problèmes. »

La colère est souvent un trait associé à la condition masculine, mais monsieur Cousineau explique qu’il ne s’agit que de la première réaction émotive. « C’est la pointe de l’iceberg. Sous l’eau, il y a la tristesse, la honte, l’humiliation. Si on sait cela, on peut adapter nos interventions. »

Depuis 2010, le groupe est propriétaire d’une maison à Ville-Marie, ce qui a signifié une offre de services bonifiée. Par l’entremise de la Maison Oxygène, le groupe peut maintenant offrir un service d’aide aux pères dans leur relation avec leurs enfants, incluant de l’hébergement. Une chambre avec des lits superposés leur est spécialement offerte. « L’évolution dans la paternité est par contre géniale. Les hommes sont impliqués, c’est devenu important de s’impliquer auprès de son enfant », précise-t-il. Impliqué dès le service de passe-partout, le Groupe IMAGE croit fermement en la pertinence d’une paternité assumée. « On croit que l’implication du papa aura un effet positif, tant de point de vue scolaire qu’affectif. »

Le dernier service d’aide mis en place est celui en lien avec l’itinérance. Bien que surprenante en apparence, l’itinérance est une réalité auquel le Témiscamingue est confronté. Il ne s’agit évidemment pas du même type que l’itinérance observée dans les centres urbains, mais ses effets sont tout de même considérables. « J’ai en moyenne 25 hommes par année qui utilisent nos services. Au Témiscamingue, on parle plutôt de couch surfing, où quelqu’un passe d’un endroit à l’autre. On pense que l’itinérance, c’est loin. Mais imaginez un homme qui vit une séparation, la garde des enfants est compliquée, il commence à boire, un peu, perd son emploi et a de la difficulté à payer son loyer. » Une ressource est à la disposition des hommes en tout temps.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres, mais monsieur Cousineau est cependant optimiste que cette évolution se poursuivra dans les prochaines années.